Vie et carrière des avocats

L’évolution technologique, l’âpreté de la situation économique ou les pandémies imposent d’adapter les modalités de travail traditionnelles. Le modèle de collaboration puis installation n’est plus uniforme, depuis des années, et nous ne sommes pas sûrs que l’institution ordinale ait pris la pleine mesure de cette évolution.

Nous voulons tisser du lien, recevoir les confrères, les accompagner, les protéger, quand ils le souhaitent et le demandent.

Pour assurer les avocats d’une vie et d’une carrière décente, nous développerons l’accompagnement des jeunes avocats, repenserons le télétravail à l’aune de ce que nous avons vécu, appréhenderons les difficultés économiques et renforcerons le vivre ensemble.

Le nombre d’avocats exerçant via un contrat de collaboration est important et croissant, et certains confrères travailleront sous cette forme toute leur carrière.

Par ailleurs, notre Barreau souffre d’un déficit d’unité. Les confrères, s’ils se sentent appartenir à la grande confrérie des avocats, ne se sentent pas toujours membre du Barreau de Paris. Effet de nombre peut-être, mais pas seulement.

Les vies professionnelles sont largement moins linéaires que par le passé et les évolutions de carrières, les départs en entreprises, les retours d’entreprises, les accueils de personnes d’horizons différents sont de plus en plus nombreux. Cela nous oblige à réfléchir, accompagner ces carrières, car tous ceux qui ont été ou seront un jour des avocats, sont des ambassadeurs de notre profession, de son utilité, sa compétence et son dévouement.

Nos propositions

Table des matières

1. Accompagnement des jeunes confrères

Assurer un service d’accueil et d’orientation, pratique, soit immédiatement la prestation de serment passée, soit juste avant, dans le cadre de la scolarité à l’EFB,. Les confrères ont parfois l’impression d’être jetés dans un grand bain après avoir prêté serment et de s’y retrouver très isolés face à la gestion de cette autonomie nouvelle.

Inciter les confrères plus expérimentés à suivre en mentorat bénévole un maximum de 15 jeunes confrères souhaitant ce soutien, et ce durant leurs premières années d’exercice professionnel. Ce mentorat fera l’objet d’une formation délivrée aux mentors et financée par l’Ordre. Les premières années d’exercice sont parfois complexes ; difficulté à trouver une collaboration, questions déontologiques ou encore interrogation sur la carrière qui se posent et pour lesquelles les seuls interlocuteurs sont les copains dans une situation similaire.

Lancer des incubateurs. Au-delà du travail actuellement accomplis par l’Incubateur du Barreau de PARIS avec les entreprises innovantes, l’Ordre doit s’engager pour des incubateurs interprofessionnels, investis dans tout type d’écosystèmes économiques afin de lier les jeunes confrères (mais pas seulement) avec des interlocuteurs extérieurs.

2. Télétravail

Réaffirmer le caractère libéral du contrat de collaboration (lorsqu’il est libéral) en intégrant une clause télétravail dans le contrat type de collaboration libérale, par une modification de l’annexe VI du Règlement Intérieur du Barreau de Paris. Cet encadrement des conditions et modalités du télétravail renforcera l’essence libérale du contrat de collaboration libérale tout en conservant le lien du collaborateur avec sa structure d’exercice. Ces pratiques sont déjà mises en œuvre dans nombre de cabinets d’une certaine taille. Elles doivent pouvoir être étendues à tous les cabinets quelles que soient leurs tailles.

Cela a pour corollaire de faciliter le financement des outils technologiques – numérisation, travail à distance – et des techniques – formation permettant le travail à distance.

L’Ordre labélisera des offres de financement spécifiques et variées qui seront proposées aux avocats, ainsi que les solutions techniques et technologiques.

3. Harcèlement, discrimination et égalité des chances

Nous souhaitons nous engager et travailler pour faire avancer l’égalité. La diversité est une source de richesse sociale, humaine mais aussi économique. L’heure est à une économie responsable, éthique et solidaire.

L’Ordre devra poursuivre et renforcer sa politique de promotion de l’égalité et de lutte contre les formes de discrimination à travers 7 propositions, pour une égalité en action.

4. Difficultés économiques

Assister les confrères en situations de difficultés économiques dans des recherches concrètes de solutions.

Même hors de la période très particulière que la COVID impose, la situation économique de nombre de cabinets est préoccupante. Certains confrères sont en état de précarité, d’autres, nombreux, sont fragiles. On peut certes continuer à exonérer ces confrères de cotisations, mais cela ne résout pas les difficultés structurelles qui sont les leurs. Les secours parfois délivrés sont des urgences, mais ne constituent pas des réponses durables. La recherche des solutions concrètes passe notamment par :

  • L’analyse des ressources et charges du cabinet, structuration de clientèle, bilan de compétence, formations, perspectives de développement.
  • La pérennisation des mécanismes existants (rétablissement professionnel, surendettement des particuliers, ou l’embauche d’un troisième avocat missionné pour les difficultés de confrères à l’Ordre, outre le « plan de relance),
  • Une mission allouée à la cellule psychologique : les difficultés sont aussi souvent d’ordre personnel, les confrères en difficultés sont isolés, absurdement honteux et hors des radars ordinaux.

5. Avocat, acteur économique

Créer ou renforcer les partenariats avec des grandes écoles de commerce et de management.

Même unipersonnelles nos structures sont des entreprises. Les avocats doivent être mieux armés et mieux formés pour la gestion de leur cabinet. L’Ordre doit faciliter la recherche ou la création de formations pratiques dédiées notamment à la gestion, à la comptabilité, au management, au marketing, à l’informatique etc. au titre de la formation continue. Ces partenariats ne doivent pas uniquement être réalisés pour des cursus complets types MBA mais aussi pour des modules ciblés et pratiques de quelques heures. Ce type de formation est plus utile après quelques années de pratique professionnelle, tant les installations dès la prestation de serment sont rares.

Encourager la formation en management dès l’embauche du premier collaborateur.

Améliorer les ressources pédagogiques à l’EFB sans augmenter le Budget. Une amélioration de formation à l’EFB est nécessaire et apparaît possible (au regard des études de faisabilité réalisées) pour renforcer la qualité des ressources pédagogiques de l’EFB par le recours au mécénat de compétence (donc sans augmentation de charges financières pour le Barreau de Paris).

Travailler en collaboration avec le Conseil National des Barreaux, voire des
éditeurs juridiques pour qu’un logiciel de gestion de cabinet soit mis au service
des avocats. La deuxième génération de e-Barreau offrira quelques fonctionnalités
pratiques (stockages, adresse mail et agenda) mais n’offrant pas la plénitude des
fonctions nécessaires ; et ce pour un coût mutualisé, entre les utilisateurs, très
raisonnable.

6. E-learning

Améliorer l’accessibilité des 20 heures de formation professionnelles obligatoire à distance. Aujourd’hui, seulement la moitié des 20 heurs de formations obligatoires peuvent être reçues via des cours à distance. Il doit être mis fin à cet anachronisme a fortiori après l’épisode du confinement et avec des incertitudes sur la liberté de circulation. Le postulat selon lequel les confrères, suivant un cours devant un écran, ne seraient pas plus attentifs qu’en présentiel n’est pas digne de la confiance que nous leur devons.

Ce mode de formation répond parfaitement aux objectifs d’excellence professionnelle qui fonde notre obligation de formation, il conviendra d’obtenir du Conseil national des barreaux cette modification des textes.

7. Vivre tout simplement

Renforcer l’offre des associations du Barreau de Paris. Notre métier est souvent très envahissant et maintenir une vie sociale, culturelle, sportive est indispensable à notre équilibre. Les nombreuses associations du Barreau offrent des pistes qu’il ne faut pas négliger.

Via le Sport au Barreau (SPAB), l’on peut envisager un partenariat avec des installations sportives parisiennes pour faciliter la pratique du sport pour les confrères, notamment lors de pause méridienne. Ce qui pourrait également être ouvert aux magistrats et personnels de greffe pour retisser du lien avec l’institution judiciaire.

Intégrer un service d’accompagnement psychologique au sein du barreau pour offrir aux avocats une écoute, permettant de mieux répondre aux exigences croissantes de ce métier et aux difficultés rencontrées. Une vigilance accrue de l’épuisement professionnel, la dépression, des signaux d’alertes, devrait être assurée au sein du barreau.

Travailler en collaboration avec le CNB pour améliorer, dans des périodes telles
que le COVID la prise en charge des indépendants par les services sociaux de
l’Etat (primes parents, chômage partiel salarié etc)

Mettre en place un mécanisme d’assurance optionnelle couvrant la prévoyance des cabinets lors de la prise de congés parentaux par les collaborateurs.

Notre programme, pour un Ordre...

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